Alimentation : quand les spéculateurs s’invitent à table !
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Alimentation : quand les spéculateurs s’invitent à table !

Résumé

L’alimentation n’échappe pas à la spéculation. On dit que la faim est bien mauvaise conseillère… Avons-nous les bons réflexes ?

Alimentation, c’est le second mot qui vient en tête après loyer quand on parle coût de la vie.
La spéculation alimentaire fait couler beaucoup d’encre. Passer de la création de richesse au gaspillage, c’est la bourse qui tire les ficelles.

L’agitation et la précarité sont déjà fortes dans certaines campagnes. Le plus dur ne fait pas de doute : ces zones sont des lieux où les paysans se battent pour que leurs récoltes soient vendues à un revenu acceptable.
Alors que les prix flambent en raison du conflit géopolitique, le marché du grain est également une poudrière financière qui fait grimper tant les prix alimentaires que les profits.

La Commission européenne a lancé des enquêtes sur l’existence d’une bulle spéculative avec des conséquences sur l’alimentation autrement plus graves que celles subies en 2005.

Que se passe-t-il quand on a faim ?

L’histoire a déjà parlé. Nous ne voulons pas vous donner plus d’informations sur les causes de la crise alimentaire mondiale, qui est l’histoire de fond.
Nous savons tous que près d’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde. Ces chiffres n’ont guère évolué depuis des années. Mais, on sent clairement le désespoir et la colère dans l’air.
Par ailleurs, c’est en milliards que l’on compte les populations en mauvaise santé pour des questions d’alimentation médiocre.

Et cette colère nous concerne tous. Comment avons-nous pu, en tant que société, laisser de telles choses se produire ?
C’est une histoire épouvantable et, dans de nombreux endroits, des gens meurent encore de faim aujourd’hui alors que d’autres meurent d’un excès d’alimentation…
C’est pourquoi un éclairage sur ce qui se passe en cas de famine est nécessaire : émeutes de la faim, manifestations de masse et souvent même, brutalités.

Crises financières pour qui l’intérêt de qui ?

Le débat autour de la crise alimentaire et de l’alimentation est de retour. Depuis 2022, les oiseaux de proie reviennent sur le marché. À l’échelle mondiale, les prix des denrées alimentaires ont grimpé de 30 % depuis 2018 selon la FAO.
Bien sûr, il existe des tensions sur le marché, liées à la guerre, au changement climatique et à ses sécheresses ou à une chaîne agroalimentaire hyperglobalisée et hyperdépendante.
Mais il y a aussi le facteur aggravant de la spéculation. Depuis le début de la guerre en Ukraine, des milliards d’euros et de dollars sont déversés dans les fonds qui spéculent sur les denrées alimentaires.

Après enquête sur des grands fonds d’investissement qui capitalisent massivement dans le commerce alimentaire, voici ce que l’on trouve. En fait, ils ont placé un peu moins de 200 millions d’euros en 2021, mais au cours des quatre premiers mois de 2022, ils ont investi six fois plus !

Alimentation : hausse des prix artificielle ?

Cette flambée des prix alimentaires touche les pauvres le plus directement.
En France, la hausse des prix de l’alimentation est de 7,5 %, selon l’Observatoire des prix et des marges.
Pour des millions d’Européens qui ont déjà le budget serré, cela signifie moins d’économies. Pour certains, il s’agit aussi d’une perte d’autres budgets.

Nous ne devons pas baisser les bras. Nous parlons de la faim et des conséquences alimentaires qui, chaque jour, aggravent la situation.

Plus que jamais, nous demandons aux décideurs politiques de prendre des mesures urgentes pour renforcer leur soutien.

Comment agir contre une alimentation dégradée ?

Le lobby financier cherche à influencer les décisions en faveur de la spéculation sur le marché de l’alimentation.
Nous, Européens, nous devons nous lever et faire entendre notre voix pour réguler ou interdire ces manipulations contre l’intérêt des petites exploitations agricoles et des consommateurs.

Des structures comme Foodwatch travaillent sur cette question depuis des années et braquent maintenant les projecteurs sur le scandale de la spéculation pour faire pression sur l’Union européenne et les gouvernements.
L’objectif : abaisser de toute urgence les plafonds et renforcer les règles contre la spéculation alimentaire.
La Commission européenne décidera bientôt s’il convient de limiter la liberté de spéculation des acteurs financiers sur les prix des denrées alimentaires.

Agriculture et spéculation

L’agriculture doit se démunir des marchés financiers et c’est l’agriculture biologique qui montre la voie. On comprend pourquoi elle est dans le viseur des spéculateurs. Vous entendez les voix de ceux qui insinuent que la bio n’est pas tout aussi bio que cela ? Quelle honte !

L’agriculture biologique est économiquement viable. Au lieu de vouloir faire des profits avec des plantes et des animaux, ce système encourage la biodiversité, au profit du consommateur. Elle constitue l’un des meilleurs moyens de répondre aux problèmes de surproduction, de précarité et de dégradation de l’environnement.
Dans le cadre d’une agriculture biologique, les exploitants agricoles prennent en compte les besoins du consommateur, contrairement à l’agriculture conventionnelle qui leur impose ses propres besoins. En effet, le système conventionnel force les paysans à produire ce que les grandes surfaces demandent.
Cela fait partie d’un cercle vicieux qui ne peut être brisé que par l’intervention citoyenne.

Conclusion

Comment le capitalisme a-t-il transformé les systèmes alimentaires et finalement modifié notre alimentation ?

Nous observons une évolution lente de l’attitude des consommateurs à l’égard de l’alimentation et de la plupart des autres produits.

Nous devons examiner quels sont les facteurs de changement des marchés de l’alimentation. Ces questions sont primordiales en soi, mais aussi elles nous disent quelque chose d’important sur la nature du capitalisme en général. Les incertitudes concernant les relations entre intérêts privés, instances gouvernementales et consommateurs sont toujours présentes.

Recentrons-nous et montrons que les citoyens ne sont pas dupes et veulent du changement !

D’abord, on peut agir au quotidien sur le terrain en ne faisant pas nos achats dans les grandes enseignes qui cautionnent tout cela.
Rendons-nous indépendants en achetant directement notre alimentation aux producteurs locaux. Et surtout, en cuisinant nous-même plutôt qu’en achetant de la malbouffe. Parce qu’il est urgent également de se tourner vers une écologie positive.
Si tout le monde s’y met, cela aura un poids face aux spéculateurs et on sauvera notre agriculture vertueuse, pas celle cautionnée par Bruxelles.

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