AMAP, un potentiel de séduction moindre ?
AMAP, un potentiel de séduction moindre ?

AMAP, un potentiel de séduction moindre ?

Résumé

Les amap ne séduisent pas autant qu’avant. Il est peut-être temps de se réinventer.

Dans sa récente newsletter de janvier 2022, le réseau des amap Ile de France tente de comprendre la situation inédite vécue par ces nombreuses amap.

Histoire des 30 dernières années en amap

L’ile-de-France est une région où la vie sociale et associative est très dense. Nombreuses sont les initiatives et le développement des AMAP n’a pas échappé à cette dynamique. Effectivement, on a tous un peu de campagne en héritage et nombreux sont les adhérents qui retrouvent un contact perdu avec les agriculteurs bien présents pendant les distributions en amap.
Le public d’adhérents sait bien que si nous ne voulons pas être vampirisés par l’agriculture intensive, il faut s’engager. Et quitte à s’engager, autant le faire pour des producteurs respectueux de l’environnement et labellisés.
Jusqu’à la fin des années 2010, côté commerce, silence radio sur l’écologie. Trouver des produits bio en magasin ou sur les marchés était encore anecdotique.
20 plus tard, les choses ont changé. La manne commerciale du bio fait recette et de nombreuses opportunités d’acheter des paniers bio se développe.
Malgré tout, les amap tiennent bon, car au-delà du panier, c’est le lien social et solidaire que l’on vient chercher. Beaucoup d’amap en milieu urbanisées ont des listes d’attente énorme et la demande est plus forte que l’offre.
On est tellement heureux d’avoir une place, que l’on est près à beaucoup de compromis. Et puis on adhère aux valeurs en toute insouciance et sans vision de demain.
2020 marque pourtant un tournant dans l’histoire des amap. Le lien social est malmené et on assiste à une envie manifeste de se rapprocher des producteurs. Les candidats à l’adhésion montrent également un attachement au commerce local qu’il faut soutenir aussi. On ne sait plus à quel circuit se vouer !

Des habitudes de consommation alimentaires modifiées ?

Le réseau Idf des amaps, chiffres à l’appui indique que la consommation bio est en baisse se basant hélas sur les chiffres de la Grande Distribution… Restons perplexes et en plus, les adhérents d’amap ne sont pas les premiers acheteurs de bio en grande surface. Non ?

Ensuite, bien que l’on nous indique que le prix des produits bénéficie d’une plus grande stabilité, le réseau indique que l’on note un départ plus important que les années précédentes… 20 à 50% de manque d’adhérents… ce n’est plus un départ, c’est un raz-de-marée !

Malgré tout, nous tenons à dédouaner les référents bénévoles des amap qui se sont battus comme de beau diable depuis deux ans pour maintenir leur distribution. Les conséquences ne peuvent pas leur être imputables. Une fête des associations annulées et c’est le réservoir en liste d’attente qui ne se renouvelle pas. C’est simple et mécanique. Moins de passage dans les rues induit pas le confinement, c’est moins de passage et de prise de renseignement.

Les facteurs principaux de départ en amap

Les déménagements indique le réseau…
Disons que même si c’est réel, rien n’empêche un adhérent qui déménage de trouver une amap à côté de chez lui. Ce qui n’est visiblement pas fait. Oui, bien sûr, certain ont souhaité un changement de vie, mais compte tenu de la difficulté à trouver un logement en Ile de France, ils ne sont pas tous partis.
Certains ont certes opté pour un appartement ou une maison à 50km avec un jardin et donc un potentiel potager. Enfin, l’envie de changer de vie, même si ce n’est pas pour tout de suite, freine l’engagement sur la durée. En effet, en amap, les contrats, c’est 6 mois ou 1 an et pas modulable du tout. Alors, si on envisage de partir, on se déleste de tout ce qui attache.

Une question de temps et de disponibilité…


Être en amap accentue la charge mentale des adhérents en période de crise car il faut s’organiser avec les enfants et tout se complique, certes. On cherche la facilité pour son organisation.
Alors, permettez-nous de vous dire que les amaps fonctionnent pour la plupart au temps de l’âge de pierre. Les contrats papiers pour chaque exploitant multipliés par le nombre d’adhérents. Rebelote pour les chèques, jusqu’à 30 chèques par adhérents dès lors que les contrats sont nombreux. Que de paperasse et de temps de gestion. Un peu de souplesse gérée automatiquement serait la bienvenue.

Le contenu du panier en amap

On l’a déjà vu, des adhérents qui arrivent pour bénéficier d’un prix et qui finalement, cherchent à avoir toujours plus. Finalement, ils se comportent comme des acheteurs de la grande distribution. Ils restent au mieux, une saison puis repartent. La crise n’a rien à voir avec cela. C’est juste que l’offre est pléthore par ailleurs et que l’analyse avec les autres opportunités à proximité est vite faite. Certains oublient que la valeur première en amap, consiste à donner de la visibilité aux producteurs sur leur chiffre d’affaires.
C’est le sens de l’engagement qui est remis en question.

Une chose que l’enquête du réseau a oublié de mettre en évidence, ce sont les récoltes compliquées qui ont tendance à se succéder depuis quelques années, particulièrement en Ile de France et aux abords d’où viennent les producteurs. Gel, puis redoux en alternance ont anéanti les productions. Les pluies abondantes aussi. Les producteurs sont résilients mais pas chaque année. Un fruiticulteur attend au moins 5 ans après plantation, et nombreux sont ceux qui ont récoltés parfois uniquement 10% de leur production habituelle. Une année de difficulté, c’est dur mais pas plusieurs à la suite. Les charges ne faiblissent pas pour autant.

Le manque de flexibilité est clairement évoqué

Nous ne pouvons que souscrire.
En amap, on préfère faire des demi-paniers, plutôt qu’offrir la possibilité de décocher certaines dates dans le calendrier…
Être abonné à un petit panier de légumes ou au même pain pendant toute la période, sans changement, est juste impossible à appréhender à une époque où tout est possible.

On ne dit pas que certains producteurs en amap finissent pas préférer déposer leur panier en Point Relais pour des raisons de simplicité de gestion et la désorganisation de certaines amaps qui oublient les chèques ou se trompent sur les paniers à apporter.

On passera sous silence un aspect non-négligeable de certaines postures « anti tout » de certains adhérents en amap. Rappelons qu’en amap, on ne vient pas pour parler politique, ce n’est ni le lieu, ni la meilleure façon de fédérer. L’amap doit rester pluriel comme dans le passé.  S’ouvrir, plus que se recentrer, c’est ce qui fédère. Le réseau n’est pas là pour favoriser et diffuser une propagande. Il a sa part de responsabilité vis à vis de ceux qui ne viennent pas pour cela.
On compte sur les doigts d’une main les amaps qui ont eu la visite d’une personne du réseau à l’occasion d’une distribution et ce bien avant la crise…

Alors, maintenant que nous avons une idée des raisons et un éclairage supplémentaire pour lesquelles certaines personnes choisissent d’autres alternatives que les amap, apportons des solutions.

Les amap doivent s’équiper pour rencontrer leurs futurs amapiens, mais surtout pour accueillir et accompagner ceux qui sont déjà là pour leur permettre de rester.
Bien sûr que nous prêchons pour notre paroisse puisque BioToutCourt a été créé par des amapiens pour les amaps et les producteurs.

Des plateformes de distribution fusionnent sur la toile depuis deux ans avec au passage pas moins de, a minima, 30 % de marge en toute opacité. Marge en moins pour le producteur et(ou) le consommateur.

Optons pour un outil simple qui gère automatiquement les abonnements et les paiements avec la récurrence.
Montrer une légère souplesse pour les consommateurs (orchestrée en amont selon les besoins) tout en gardant l’esprit amap. Cela peut même faire revenir des adhérents partis !
En plus, libérons du temps bénévole pour vos animations, ce sont elles qui séduisent les potentiels entrants.
Amapien un jour, amapien toujours grâce à BioToutCourt !

Le modèle amap doit se réinventer, c’est certain.

Partager :FacebookTwitter

Instagram

Error validating access token: The session has been invalidated because the user changed their password or Facebook has changed the session for security reasons.