Circuits courts alimentaires = court-circuitage ?
vente directe

Circuits courts alimentaires = court-circuitage ?

Résumé

Les circuits courts seraient ils victimes d’une campagne de désinformation ? En fait, il n’en est rien. On vous explique pourquoi.

Depuis quelques années, on lit tout et son contraire à propos des circuits courts alimentaires. C’est un peu comme le label AB. Certains indiquent qu’il s’agit d’une mode. Qui n’a pas entendu la phrase : « c’est du marketing ». D’autres, à savoir les enseignes, revendiquent le terme de circuit court, parce qu’ils distribuent à grand renfort d’intermédiaires, des producteurs près de leur magasin…
La crise sanitaire aidant, tout est devenu « circuit court ».

Mais où en sommes-nous ?

Ce que l’on a entendu à propos des circuits courts alimentaires

Les difficultés rencontrées par certains producteurs, les amap ou les magasins en circuit court ont souvent été généralisées comme des indices du déclin de ces modes de vente. En réalité, ces canaux de vente représentent moins de 10 % de la surface totale de production. Cependant, leur progression agace et certains ont tout intérêt à jeter du flou et à enrayer la dynamique.
Pourtant, il n’y a aucune raison de penser que ces canaux de vente disparaîtraient progressivement. Avec leur faible coût, ils représentent un point d’entrée important pour ceux qui se lancent dans le secteur agricole. Ils contribuent à garantir la confiance vis à vis du consommateur. En vérité, de plus en plus de producteurs profitent de l’opportunité de trouver des consommateurs prêts à s’investir en échange de produits plus frais, plus sécures.
Cela traduit plutôt une difficulté de certains producteurs, qui ne parviennent pas à s’adapter auxvariations du secteur. Vendre en direct nécessite une organisation sans faille et une adaptation aux lois impitoyables de la communication et du numérique.

Fermetures de magasins bio et vrac ?

Il existe de nombreux magasins bio et épicerie vrac en France et leur croissance a été exponentielle en moins de 10 ans. Certains connaissent des difficultés de vente et l’on constate des fermetures. Comme ces magasins se revendiquent « circuits courts alimentaires », de là à faire de l’amalgame, il n’y a qu’un pas.
Il se trouve que beaucoup de ces petites structures ont été montées par des indépendants sans la puissance financière de groupe. Face aux campagnes marketing des enseignes, difficiles de résister. Il serait intéressant de vérifier sur les défaillances sont en correspondances avec celles des autres secteurs… cela, on n’en parle pas.
Sachant que la plupart des chaînes de magasins bio ou de vrac sont sous la dépendance de fonds financiers, la question du retour sur investissement se pose. Les financiers ne sont pas œuvre de bienfaisance, ça se saurait !

Les derniers chiffres au sujet des circuits courts alimentaires

L’Agence bio présente une situation sans correspondance avec celle annoncée par les oiseaux de mauvais augure. En fait, il est clair qu’il n’y a pas de diminution généralisée des ventes ou du chiffre d’affaires au niveau des circuits courts, par rapport à la situation d’avant la crise. Quatre circuits courts alimentaires sur 10 ont connu une augmentation de leurs ventes, par rapport à la situation d’avant la crise.
Bref, suite à la crise sanitaire, la structure du marché a évolué et nous sommes maintenant dans une nouvelle situation.
Même s’il peut y avoir un léger ralentissement, cela peut aussi signifier que les gens vont devoir apprendre à consommer différemment. Ouvrir les yeux en même temps que leur porte-monnaie. Enfin, c’est ce que l’on souhaite activement.

La tendance des consommateurs

Cette crise a laissé des traces dans les circuits courts alimentaires. Le comportement des consommateurs change également, même si nous constatons encore une certaine évolution dans certaines catégories de produits vendus par ces circuits. Les consommateurs continuent à modifier leurs comportements d’achat en circuits courts. Ceux qui consommaient déjà dans ces canaux avant la crise ont souvent augmenté leurs dépens. Tandis que d’autres, les nouveaux arrivants, ne sont pas forcément restés, ce qui contribue à expliquer certaines baisses de ventes. Par ailleurs, localement, certains consommateurs ont pu changer de circuit court. Une préférence vers un circuit plus proche de chez eux ou plus pratique : certains circuits gagnent des clients, d’autres en perdent. C’est la loi du marché !

En conclusion sur circuits courts alimentaires

Les courts circuits courts alimentaires répondent a un processus que l’on peut considérer comme une courbe d’apprentissage. Nous nous attendions peut-être à ce que la demande dure, mais le marché est en constante évolution. Pour répondre à ce changement, nous avons besoin de temps et d’expertise.
La prise de conscience de devoir cesser d’investir peut générer des sentiments de menace. Et même, mettre certains en difficulté économique…

On ne peut que constater une corrélation entre désinformation et évolution des circuits courts alimentaires. Une perte de sens orchestrée par la GMS à grande échelle…
Finalement, le consommateur est perdu à part quelques irréductibles précurseurs qui refusent d’aller faire leurs courses en grandes surfaces. Ceux-là n’ont pas modifié leurs habitudes bien au contraire.

Également, il est important que les circuits courts alimentaires soient le porte-drapeau d’une consommation moins productrice de déchets.
Les circuits courts alimentaires, les vrais, doivent se réinventer contre vents et marées, ils constituent un modèle vertueux qui doit sortir gagnant.

Mais attention, tous les circuits courts ne se valent pas !

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