Élections présidentielles … N’ayons pas peur de l’avenir !
2030 glorieuses

Élections présidentielles … N’ayons pas peur de l’avenir !

Résumé

Après 2030 Glorieuses, le podcast, « qui met en avant les acteurs du monde de demain, ceux qui incarnent les utopies réalistes dont nous avons tant besoin », voici 2030 Glorieuses, le livre (Actes Sud, 2022). Son auteur, Julien Vidal, également à l’origine du projet Ça commence par moi, a accepté de partager quelques bonnes feuilles de cet ouvrage. Il s’agit du chapitre consacré au « gouvernement pour le vivant », dans lequel il est moins question des candidats déclarés à la présidentielle 2022 que d’entrepreneurs défricheurs comme Hubert Motte (La Vie est Belt), Florian Chosson (Routine) ou Eva Sadoun (Lita.com, Rift).

Extrait

« Devenez-vous aussi des explorateurs dans votre domaine », disait Jean- Louis Étienne, interrogé pendant le confinement. C’est exactement ce que je ressens en écoutant et en interagissant avec les citoyens des 2030 Glorieuses, ces explorateurs et aventuriers d’un nouveau genre que j’interroge pour mon podcast bimensuel. J’explore avec eux des horizons lointains où aucun être humain n’a encore posé le regard. La carte des utopies redevient vierge à chaque jour qui passe. Toutes les deux semaines, un nouvel invité nous fait découvrir les possibles infinis sur une planète aux ressources finies. (…)

Quand, à l’approche de l’élection présidentielle, les membres des partis politiques tentent une stratégie tactique de réunification au sein de Dream Teams éphémères ou artificielles, je constate qu’à mon échelle, mon travail m’a déjà permis de toucher du doigt la plupart des grands enjeux de transformation de notre société. Finalement, ceux à qui je tends mon micro constituent, sans rougir, une bien belle « équipe de rêve ». Une équipe qui, elle, n’est pas « hors-sol » mais bien tout entière engagée dans l’expérimentation des alternatives viables pour demain. Une équipe qui donnerait du cachet à un gouvernement enfin tout entier tourné vers les objectifs de notre siècle. Un gouvernement qui saurait s’adapter pour répondre aux défis structurants de notre époque. (…)

Cette équipe de « non-professionnels » de la politique serait tout entière tournée vers sa mission, plutôt que de tomber dans le piège des rixes politiciennes

Dans le gouvernement de notre nouvelle République du Vivant, j’imagine un groupe constitué d’une myriade de spécialistes qui sauraient se répartir le travail et agir en plaçant l’intérêt du bien commun avant leurs perspectives personnelles. Forts de leurs vécus d’actrices et d’acteurs de terrain, ils auraient une vision précise et effective des mesures à mettre en place. Cette équipe de « non-professionnels » de la politique serait ainsi tout entière tournée vers sa mission, plutôt que de tomber dans le piège des rixes politiciennes et des guerres d’ego auxquelles s’adonnent les élus historiques. (…)

Projetons-nous donc ensemble dans ces ministères remaniés, à commencer par celui traitant des questions économiques qui sont centrales tant elles cumulent les urgences (autonomie de la France, durabilité du modèle, répartition des richesses, financement des alternatives, protection des communs, etc.). L’équipe à sa tête compte sur Hubert Motte qui serait la locomotive d’une économie sobre, inventive et solidaire. Lors de notre voyage en 2030 Glorieuses, je suis subjugué par son envie de créer une entreprise qui permettrait de répondre à plusieurs enjeux de notre époque. À l’opposé du modèle économique classique, il a créé un modèle à l’ancrage local, utilisant uniquement des ressources recyclées, embauchant des personnes en situation de handicap et proposant des produits de base « solides ».

Hubert est un artisan-upcycleur à Tourcoing. Avec La Vie est Belt, il a connu le succès en commercialisant des ceintures réalisées à partir de pneus de vélos usagés récupérés grâce à un partenariat auprès d’une célèbre enseigne de matériel sportif. Ses produits font preuve d’une simplicité élégante et le matériau récupéré fait tout le charme de cette ceinture unique. Quand recyclage (surcyclage même) rime avec originalité et durabilité, les clients comprennent. Car, comme vous pouvez l’imaginer, une ceinture en pneu de vélo, c’est du solide. Surfant sur cette première victoire, Hubert continue de trouver des trésors dans nos poubelles et montre qu’il y a une vie bien plus féconde pour tous ces objets qui termineraient sinon leur course dans un incinérateur ou échoueraient enfouis. Quand on sait que plus de 10 millions de pneus de vélos sont brûlés chaque année en Europe, on se dit qu’il y a largement assez de matières premières pour produire des ceintures pour tous les habitants du Vieux Continent. C’est autant de cuir, de coton ou de matières synthétiques en moins et autant d’emplois en plus pour des personnes qui sont largement laissées sur le bord de la route.

En l’espace de quatre ans, les ateliers de La Vie est Belt ont revalorisé près de 10 tonnes de caoutchouc et 2 tonnes de coton

Récemment, Hubert a étoffé son catalogue d’autres merveilles d’ingéniosité : de nouvelles sortes de ceintures, confectionnées à partir d’anciennes lances d’incendie, de pneus de voitures ou de cordes d’escalade, mais aussi des caleçons réalisés avec des vieux draps. En l’espace de quatre ans, les ateliers de La Vie est Belt ont revalorisé près de 10 tonnes de caoutchouc et 2 tonnes de coton. Des chiffres qui laissent entrevoir le potentiel de cette entreprise 2.0 pour laquelle nos déchets sont une matière première à part entière, qui dote ses produits d’une patine originale et qui ajoute un supplément d’âme à des objets uniformes et sans relief.

Au-delà de cet impact écologique, le travail d’Hubert a un impact sur les mentalités. Que ce soit celle des consommateurs à qui on donne la possibilité de poser un nouveau regard sur des produits qu’ils avaient coutume d’acheter et de jeter sans arrière-pensée, mais aussi celle des professionnels qui travaillent dans le milieu du caoutchouc et qui n’avaient jamais réfléchi à la possibilité de donner une autre vie aux pneus. Lors de notre échange, il est très fier de me dire que des grandes marques bien connues l’ont contacté car ils se, et le, félicitaient de voir leurs produits trouver une nouvelle valeur grâce à La Vie est Belt. Ils souhaitaient pouvoir collaborer avec cette toute jeune entreprise pour mieux intégrer, en amont de leur production, cette option au cycle de vie de leurs produits. Voir certains clients de la marque touchés et concernés par sa démarche au point de quitter leur travail et de s’aligner avec leurs valeurs jusque-là sacrifiées, aussi bien dans leur quotidien personnel que professionnel, est une autre surprise gratifiante. Une sorte d’effet domino qui révèle les multiples impacts positifs d’une entreprise innovante quand elle fait preuve d’ambition écologique et humaine, mais aussi créative. Un dynamisme, une générosité et une intransigeance qui, forcément, ne peuvent pas laisser de marbre celles et ceux qui se trouvent sur son chemin.

Plus largement, l’exemple d’Hubert illustre bien le virage que prendra notre économie dans la décennie à venir. Cette économie circulaire qui est appelée à changer d’échelle permettra enfin de fixer un juste prix aux matières premières en intégrant leurs coûts écologiques pour faire en sorte que les matériaux recyclés soient moins chers que les ressources nouvellement extraites.

Ce basculement fondamental prend en compte le fait que depuis la fin de l’année 2020, ce que l’être humain a fabriqué pèse désormais plus lourd que tout le Vivant sur Terre. Rendez-vous compte : tout ce qui a été façonné, fondu, coulé, usiné, transformé pèse près de 1 100 milliers de milliards de tonnes, soit davantage que l’ensemble des animaux, arbres, bactéries, champignons et autres créatures vivantes qui cohabitent sur notre planète. C’est le constat d’une étude menée par des chercheurs de l’institut israélien Weizmann. Ces scientifiques déclarent dans la revue Nature : « L’humanité est devenue une force dominante pour modifier la face de la Terre […]. Nous avons découvert que la Terre est exactement à un tournant : fin 2020, la masse anthropogénique (soit tout ce qui a été fabriqué par l’Homme), qui a doublé tous les vingt ans, a surpassé la biomasse vivante. »

Repenser la notion de déchets pour les considérer comme une richesse ouvre de nouveaux horizons industriels

Repenser la notion de déchets pour les considérer comme une richesse ouvre de nouveaux horizons industriels. Dans un monde où la notion de travail a été profondément malmenée et dévalorisée, manipulée et galvaudée, l’économie circulaire représente l’opportunité de reconvertir notre économie pour l’orienter vers de nouvelles industries porteuses de nouveaux métiers vertueux semi-qualifiés dans la réparation de produits électroniques, ou très qualifiés dans la recherche et développement. Les besoins en compétences et expertises y seront nombreux, variés, souvent inconnus à l’heure qu’il est, et ouvrent les vannes de nouveaux emplois propres à redynamiser le tissu local tout en réduisant l’impact de la production actuelle. Un futur où l’économie fait de l’efficacité en parallèle de la sobriété et de la durabilité ses nouvelles valeurs plutôt que de continuer à viser la croissance et le gain financier synonymes de surproduction comme seuls critères d’évaluation. 

C’est ce qu’on retrouve dans le concept de Doughnut Economics développé par Kate Raworth, économiste qui se consacre aux défis sociaux et environnementaux du XXIe siècle. Selon elle, à l’image du travail d’Hubert, il est possible d’allier enjeux environnementaux et justice sociale. L’image du Donut provient d’une vision alternative du modèle économique avec deux contraintes à prendre en compte : les sciences naturelles déterminent les limites extérieures à ne pas dépasser pour préserver le système Terre et les limites intérieures représentées par les problèmes sociaux relèvent des besoins essentiels attachés à chaque personne pour assurer son épanouissement. En rupture avec le système linéaire destructeur, Kate Raworth affirme qu’il est aussi possible d’agir pour aller vers un système circulaire et régénératif. Un changement qui aurait même un impact positif sur les bénéfices. C’est ce qu’avance un rapport de la Fondation MacArthur qui souligne les multiples opportunités que l’économie circulaire pourrait offrir : « En adoptant les principes d’une économie circulaire, l’Europe peut tirer avantage de la révolution technologique imminente et générer un bénéfice net de 1 800 milliards d’euros d’ici 2030, soit 900 milliards d’euros de plus qu’en suivant la voie actuelle du développement linéaire. L’économie circulaire pourrait créer des opportunités majeures en termes de renouvellement, de régénération et d’innovation industrielle.  »

Quand certains accordent de la valeur aux ressources matérielles, d’autres font de même avec les savoir-faire, volontiers relégués, méprisés et abandonnés au profit de solutions externalisées au rabais. C’est le cas de Florian Chosson, fondateur de l’entreprise de montres Routine, qui s’est fixé pour défi de créer une marque 100 % française en réimplantant sur notre territoire des connaissances qui se sont perdues avec le grand jeu de la mondialisation des dernières décennies. Alors que la France était, au début du siècle dernier, pionnière dans cette industrie, elle a vu petit à petit monter la concurrence dans le monde entier. La bataille des coûts tirés vers le bas par les usines des pays émergents et la crise du quartz dans les années 1970 se sont avérées fatales à l’industrie horlogère française. Alors que le secteur de l’horlogerie générait 50 000 emplois il y a cinquante ans, il en compte aujourd’hui moins de 3 000. Symbole de cette perte tragique : l’entreprise Lip. Un nom connu de tous qui fait partie des grandes maisons horlogères mondiales, et a pendant longtemps représenté à l’international le savoir-faire français des montres.

Née il y a cent cinquante ans, Lip illustre bien les fracas subis par de nombreuses entreprises hexagonales. Petit retour en arrière : en 1904, Pierre et Marie Curie, fraîchement auréolés de leur prix Nobel, inventent pour Lip les premiers cadrans phosphorescents au monde grâce au radium. En 1950, des explorateurs français se lancent à la conquête de l’Himalaya avec un modèle Lip au poignet, spécialement conçu pour résister aux grands froids. En 1954, la marque est à son apogée. Elle emploie environ 1 500 personnes, et fabrique 300 000 montres par an. Puis la lente et inexorable chute jusqu’au dépôt de bilan en 1973, puis la liquidation définitive en 1977. Depuis, Lip a trouvé un repreneur et les ventes ont véritablement explosé jusqu’à atteindre 1,2 million de montres en 2007. La production est délocalisée à Hong Kong, et uniquement le bureau de conception et le service après-vente restent en France, employant quelques dizaines de personnes seulement.

Désireux de proposer un autre destin à cette industrie, Routine se bat depuis 2016 pour relocaliser toutes les étapes de fabrication de ses montres sur le territoire français et sauvegarder les savoir-faire horlogers. Pendant une année et demie, Florian a fait le tour des usines et des artisans de Franche-Comté pour identifier les professionnels de l’horlogerie toujours actifs, rencontrer des retraités qui aimeraient partager leur expérience pour la transmettre à des plus jeunes, trouver les composants nécessaires à son projet et travailler à relocaliser des techniques perdues. De l’usinage des boîtes à l’assemblage des montres en passant par la fabrication des aiguilles et des cadrans, chaque étape est issue du savoir-faire des derniers artisans et industriels horlogers français. 

À travers cette initiative, Routine défend un modèle de production durable, créateur d’emplois et de valeur pour l’économie locale. Pour l’instant, Routine propose un bilan d’étape qui prouve tout l’intérêt de la démarche puisque 86 % des composants sont fabriqués en Franche-Comté dans le Doubs et le Jura, que 95 % du prix final des montres irrigue l’économie française et que 13 ateliers partenaires sur 14 implantés le sont en France (le quatorzième est localisé en Suisse).

Il suffirait que les ménages privilégient les produits français pour 10 % des biens actuellement importés pour permettre la création de 150 000 emplois

L’exemple de Routine montre l’importance du made in France en 2030 Glorieuses. Là réside un considérable potentiel pour l’économie et un vrai pouvoir de transformation, qui interpelle décideurs politiques et financiers, entrepreneurs et consommateurs. Acquérir des produits de qualité, plus sains, plus bio, plus éthiques et plus locaux, deviendra la norme dans la prochaine décennie. Les vertus écologiques sont reconnues mais l’impact économique de ce virage est également mesuré : il suffirait que les ménages privilégient les produits français pour 10 % des biens actuellement importés pour permettre la création de 150 000 emplois. Ce sont les résultats de la nouvelle étude réalisée par le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) dans un rapport Consommation responsable : une opportunité pour l’emploi ?.

Mettre l’économie au service du Vivant pour chercher d’autres croissances que la simple croissance des bénéfices et des PIB est un choix que font ceux que je rencontre. C’est un gage de confiance qui fera boule de neige, n’en doutons pas. Pour autant, pousser plus loin la démarche exige de remonter à la source de l’argent pour couper le robinet qui finance l’exploitation de toutes les ressources, qu’elles soient humaines, animales, minérales, forestières, etc., et ouvrir en grand la vanne qui permettra aux initiatives d’Hubert et de Florian de se multiplier sur l’ensemble du territoire. Car de l’argent, il y en a. À profusion. Et pas besoin d’utiliser le « quoi qu’il en coûte ». Il suffit de faire preuve de courage et de discernement pour (ré)orienter notre économie vers des modes de production moins prédateurs, voire régénérateurs. Car les améliorations par petites touches non contraignantes ne sont pas suffisantes. 

Avec l’aide du pouvoir législatif, l’investissement massif permettra une transformation de fond. Comme le dit Patrick Viveret quand il présente Les Tâches d’un mouvement convivialiste : « Ce sont des politiques et des économies du mieux-être qu’il faut bâtir face aux coûts et aux « coups » gigantesques du mal-être et de la maltraitance. C’est ainsi que les seules dépenses annuelles en armements et stupéfiants représentent plus de dix fois les sommes requises par les objectifs du millénaire des Nations unies, tandis que les dépenses de publicité les représentent plus de cinq fois… (cf. la fameuse phrase de Gandhi : ‘Il y a suffisamment de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de tous mais pas assez s’il s’agit de satisfaire le désir de possession de chacun’). »

Comment redonner du sens au milieu financier ? Pour y répondre, je discute des 2030 Glorieuses avec une autre personnalité qui aurait toute sa place dans ce gouvernement de la République du Vivant. Eva Sadoun a fait sienne la devise : « Il ne suffit plus de changer le pansement, il faut penser le changement !  » Elle a décidé de s’attaquer de front à ce sujet en créant Lita.co (anciennement 1001PACT). Son ambition est d’orienter l’épargne des Français vers l’entrepreneuriat social et durable grâce à une plateforme d’investissement participatif responsable, par le biais de laquelle les particuliers peuvent investir, à partir de 100 euros et de manière transparente, dans des entreprises porteuses d’innovations sociales ou environnementales. 

Depuis 2014, Lita.co a collecté plus de 52 millions d’euros pour une cinquantaine de projets et se trouve être aujourd’hui la première plateforme européenne d’investissement à impact positif. Parmi eux, l’entreprise 1083 qui fabrique des jeans et des sneakers écoconçus à moins de 1 083 km des clients. Une entreprise qui symbolise la réindustrialisation verte du tissu économique français, mais aussi la capacité pour notre économie future de se montrer réactive face aux perspectives climatiques et sanitaires. Pendant la crise du Covid-19, les ateliers 1083 se sont adaptés en quelques jours pour produire des masques et participer à l’élan de solidarité. En seulement douze heures, l’objectif de collecte de 1 083 000 euros a été atteint. Un engouement qui est un signal assez révélateur de l’envie des Français de contribuer à la transformation de notre économie.

Permettre aux particuliers de comprendre ce qui se cache derrière les comptes épargne et quels en sont les impacts environnementaux et sociaux

Plus récemment, Eva a également lancé l’application Rift pour donner aux épargnants l’opportunité de savoir où est placé leur argent. Ce « Yuka de la finance » permet de scanner son produit d’épargne (livret A, assurance vie, bientôt épargne salariale…) grâce à une base de 200 000 données sur toute l’épargne française. Les citoyens découvrent ainsi les secteurs d’activité que leur argent finance mais aussi son impact climatique, sur la biodiversité, les émissions de CO2. Veut-on soutenir le secteur nucléaire à travers notre épargne ? Ou accélérer l’expansion des énergies fossiles ? Des informations très rarement communiquées par les conseillers financiers et qui sont pourtant des éléments clés au regard des enjeux auxquels notre économie, et notre société, font face. Dès lors, un effort pédagogique s’impose et Eva Sadoun affirme son ambition : « permettre aux particuliers de comprendre ce qui se cache derrière les comptes épargne et quels en sont les impacts environnementaux et sociaux ». Cette transparence leur permettra ensuite de modifier leurs placements pour les adapter à leurs valeurs et leurs convictions, contribuant ainsi à assurer les conditions favorables à des actions et entreprises déterminées.

Au-delà de la nécessité de faciliter l’accès à ces informations cruciales, Eva voit dans la réorientation de l’épargne des Français un des leviers majeurs pour mettre notre économie sur une autre voie : «  Il y a 5 000 milliards d’euros d’épargne en France, et c’est de l’épargne de particuliers… qui ont un vrai pouvoir grâce à l’épargne individuelle : ils peuvent réorienter les choix des investisseurs financiers. » Une somme considérable si on la compare aux 1 100 milliards que demandent l’économiste Pierre Larrouturou et le climatologue Jean Jouzel pour mener à bien la transition écologique et sociale en Europe.

Grâce à cette application, 2 500 des 20 000 détenteurs de comptes analysés sont déjà entrés en contact avec leur banquier pour demander d’investir leur argent sur des fonds plus durables ou solidaires. Eva s’enthousiasme: « Si tout le monde fait ça, on peut changer le modèle d’affaires des institutions financières. On a déjà été contactés par onze assurances et banques pour voir quels engagements elles peuvent prendre, parce qu’elles ont été interpellées par leurs clients. Elles sont même prêtes à implanter l’application dans leurs outils pour aider leurs conseillers.  »

Enfin, malgré son emploi du temps bien chargé, Eva est coprésidente du Mouvement Impact France, le Mouvement des entrepreneurs sociaux. À une échelle plus collective, elle place beaucoup d’espoir dans cette mission car elle souhaiterait emmener un maximum d’entreprises dans la transition écologique et sociale. Les entreprises deviendront contributives ou disparaîtront. Elles peuvent être le maillon fort d’une société qui aurait un impact positif à la fois sur les êtres humains mais aussi plus généralement sur la faune, la flore et le vaisseau Terre afin qu’il continue à être accueillant pour le Vivant dans son ensemble pour les siècles à venir. Des communs à ériger en nouvelle utopie, comme le dit l’économiste Gaël Giraud : « Les communs sont à la fois ce qu’il y a de plus ancien dans l’humanité, et ce qu’il y a de plus neuf et de plus moderne pour relever les défis du XXIe siècle. »

Catherine co-fondatrice de BioToutCourt s’inscrit dans cette même dynamique.
Retrouvez son interview en podcast et à la page 166-167 du livre de Julien Vidal.

Alors, en cette période d’élections présidentielles, nos utopies d’aujourd’hui seront peut-être nos réalisations de demain !

Retrouvez le podcast 2030 Glorieuses en ligne

Pour découvrir l’intégralité du livre 2030 Glorieuses (Actes Sud, 2022), rendez-vous sur Chezmonlibraire.fr

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