Le terrain agricole doit être sauvé !   

Le terrain agricole doit être sauvé !   

Résumé

La terre agricole ne doit plus subir les impératifs de la spéculation. Cela nuit aux paysages et surtout à l’installation de jeunes qui n’ont pas la chance de reprendre la ferme familiale.

Le terrain agricole doit être sauvé !
L’agriculture est le cœur de la France et représente une véritable source de richesse pour notre territoire. Le secteur agricole va connaître des changements majeurs en termes de taille, de type et de nature des exploitations. Près de 5 millions d’hectares, soit près de 20 % de la surface agricole, changeront de mains d’ici 2030. Or, le nombre actuel d’exploitations moyennes est en baisse, avec une nouvelle exploitation créée pour 4 détruites.

Le modèle agricole français a profondément évolué au cours des 15 dernières années avec une amélioration de la compétitivité et une diversification des activités. Ces changements reflètent une demande sociétale incontestable, alimentée par de nouveaux comportements et attentes des consommateurs.

Le nombre d’exploitants agricoles est toujours en baisse. Un tiers d’entre eux approche de l’âge de la retraite : 10 % ont plus de 65 ans.

Par conséquent, il est temps d’arrêter de construire et de faire de l’immobilière sur le terrain agricole. Les règles de l’urbanisme doivent changer. On doit agir en fonction du local avec le développement de projets agricoles cohérents sur des petites et moyennes surfaces. C’est ne doit pas être une question de prix à l’hectare mais de survie.

Cri d’alarme sur la qualité du terrain agricole

Les méthodes agricoles conventionnelles sont néfastes pour l’environnement. Elles tuent les insectes et les invertébrés essentiels au fonctionnement du sol, polluent les rivières et les milieux aquatiques et détruisent les habitats naturels.

En France, le coût du foncier est plus élevé qu’il ne devrait l’être, ce qui rend difficile l’installation pour les jeunes. Même pour peu d’hectares, le terrain agricole est trop cher à l’installation. Un peu comme en immobilier pour les primo accédants qui ne peuvent acheter.

Parcelles plus grandes et moins d’emplois

En France et en Europe, les politiques agricoles menées depuis les années 1960 ont organisé une concentration des terres – donnant naissance à ce que nous appelons l’agriculture industrielle. Les politiques agricoles européennes menées depuis ont créé un système axé sur les économies d’échelle. La production est axée sur l’exportation, plutôt que sur l’agriculture à petite échelle, mixte et axée sur le local.

Cela se traduit par une concentration du terrain agricole entre les mains de moins en moins de personnes. Essentiellement entre celles de gros investisseurs, parfois éloignés de l’agriculture.
En moins de cent ans, les modèles agricoles français et européens ont connu de profondes mutations. Après le succès de l’agriculture industrielle, ce modèle est aujourd’hui remis en cause par de nombreux agriculteurs. Pourtant, il semble difficile de le réorienter vers un autre modèle.

Comment en est-on arrivé là ? Comment restaurer un modèle agricole plus respectueux de l’environnement, de la biodiversité et de la santé humaine ?

Aujourd’hui, l’agriculture exige moins d’employés par exploitation qu’il y a 20 ans. En conséquence, les exploitations agricoles ont supprimé des centaines de milliers d’emplois. Celles qui restent sont beaucoup plus productives avec moins de personnes et plus de chimie…

Transmission difficile du terrain agricole

L’agriculture est souvent une affaire de famille : en France, 86 % des exploitants ont au moins un proche parent travaillant comme salarié. Pourtant, peu d’exploitations parviennent à être transmises à un nouvel agriculteur, surtout en dehors du cadre familial. Face à la faiblesse des retraites agricoles, le foncier représente souvent un capital nécessaire qu’il convient de valoriser. Aujourd’hui, seule une exploitation sur trois se transmet.
En raison de ces départs à la retraite de nombreux agriculteurs et d’une culture qui n’attire pas les jeunes générations. La plupart des terres agricoles récemment libérées dans l’UE sont rachetées par des exploitations voisines existantes. Ces terres acquises augmentent le terrain agricole de l’exploitation et les profits en les maintenant dans le même modèle agricole. Enfin, cela peut conduire les agriculteurs à quitter les zones rurales au delà du mauvais impact environnemental. La mécanisation accrue implique par nécessité de remboursement, une productivité augmentée. Un bien mauvais cercle vicieux…

Alors, pour ceux qui cherchent à s’installer, le prix de l’accès à la terre peut représenter une barrière insurmontable. Sans compter le coût du matériel, des stocks ou des animaux. D’autant plus que la surface des exploitations a augmenté.

L’enjeu de la capitalisation des exploitations est une condition essentielle à l’indispensable transmission des savoirs et des pratiques entre les générations.
Le développement de nouveaux systèmes, porté par l’innovation, accompagné d’un ancrage fort dans nos territoires et dans le respect de l’environnement, permet aux jeunes d’exprimer leurs talents.

Vers quelle alimentation ?

Tout d’abord, la France dispose de suffisamment de terre agricole pour nourrir tous ses habitants. Mais, les choix actuels en matière d’aménagement du territoire rendent en fait notre alimentation dépendante du transport international de marchandises. Et ce, même avec des produits cultivés dans des pays voisins.
Mais, la mauvaise utilisation des politiques agricoles en France et dans l’UE a entraîné une surproduction. Ceci qui a permis d’obtenir un avantage concurrentiel grâce à des prix plus bas. Cette situation a entraîné une augmentation des importations de fruits étrangers. Et, cela se traduit par une taxation au détriment des producteurs français.
En conclusion, aujourd’hui, la moitié des fruits et légumes consommés en France sont issus de l’importation. La raison en est que nos terres agricoles ne sont pas utilisées à leur finalité première : la production alimentaire.
Si la France ne dépendait pas de l’étranger pour son alimentation quotidienne, à quoi ressemblerait alors notre système alimentaire ?
L’agriculture de notre pays devrait en fait être autosuffisante. Mais, nous ne pouvons plus compter sur notre terrain agricole pour nous fournir toute la nourriture dont nous avons besoin. Un comble !

Vers une refonte du modèle agricole ?

Depuis longtemps, les politiques ont eu pour effet d’augmenter la production tout en réduisant simultanément le prix des productions.

Alors, il est indispensable de revoir les politiques foncières en France et dans toute l’Europe. Force est de constater que la politique agricole et l’ensemble des décisions prises par les autorités publiques modifient les secteurs agricoles agroalimentaires.

Quelques principes fondamentaux semblent indispensables comme préserver les terres agricoles et leur utilisation. Ceci afin d’assurer un approvisionnement alimentaire sûr et fiable. Et, d’encourager l’éthique du travail et de faire progresser les innovations agricoles.

Par conséquent, il est primordial de faciliter l’accès à la terre pour les porteurs de projets agricoles. Le gouvernement, par le biais de l’autorité gouvernementale locale, doit fournir le soutien et la facilitation nécessaires pour leur permettre d’obtenir des contrats de location pour l’établissement de tout projet agricole.

Aussi, encourageons les pratiques agricoles vertueuses en accordant des subventions à ceux qui appliquent moins de pesticides et plus d’engrais organiques.

L’agriculture est le moteur de l’économie française. Pour changer le cercle vicieux qui profite à peu, il est impératif de développer une politique ambitieuse pour l’installation des nouvelles générations d’agriculteurs sur un terrain agricole écologiquement sain.

Si vous souhaitez vous installer, contactez Terre de Liens.

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